Je Game Moi Non Plus #21 – Retrogaming : Rétrospective Reconstitution ou Rétrograde ? 

Ban JGMNP 21

Expositions à travers toute la France, tentatives de comeback réussies ou ratées via Kickstarter, vente aux enchères où les jeux vidéo sont adjugés à des prix d’ordinaire réservés aux objets d’art, nouveaux titres développés sur 16 bits : le rétrogaming ne s’était jamais aussi bien porté. Il était peut-être temps de se frotter au sujet en prenant soin d’éviter l’impasse des souvenirs émus et du « c’était mieux avant. »

Suivant la voie tracée par Simon Reynolds dans Rétromania : Comment la pop culture recycle son passé pour s’inventer un futur (http://lemotetlereste.com/mr/attitudes/retromania/), on commencera par tenter de définir ce qu’est un jeu rétro. Après un bref historique de la pratique, on décortiquera les phénomènes de nostalgie, de muséification et de collection au cœur du rétrogaming.

La dernière partie braquera les projecteurs sur l’influence du rétrogaming sur la scène actuelle, notamment la manière dont les développeurs et les joueurs se sont réappropriés le passé vidéoludique, avant de débattre de la possibilité d’un dialogue entre les différents jeux vidéo, d’hier comme d’aujourd’hui, au-delà du clin d’œil sympathique (http://www.youtube.com/watch?v=RJcPc6OQ384).

On le redit au cas où : vous avez tout le loisir de prolonger l’émission et les débats dans vos commentaires.

Et on peut d’ores et déjà vous dire que le prochain numéro sera moins long !

6 réflexions au sujet de « Je Game Moi Non Plus #21 – Retrogaming : Rétrospective Reconstitution ou Rétrograde ?  »

  1. Comme d’habitude, une émission qui fait se poser de nombreuses questions. Mais il y a un point où je m’élève en totale opposition avec l’équipe. Il s’agit de votre définition du cross et du trans média.
    A vous écouter, j’ai l’impression que c’est une question de support qui différencient les deux. Le cross serait plus classique (papier, vidéo) et le trans plus moderne, plus numérique. Que nenni non point, mes amis (si vous me permettez cette familiarité).
    Le cross et trans média se différencient par leur mode de narration.
    Le cross média est une narration qui se décline sur plusieurs supports, sans lien apparent de l’un à l’autre, si ce n’est l’univers. Par exemple, Batman. D’un côté, je joue au jeu Arkham Asylum, d’un autre côté, je lis la BD, je peux faire l’un sans l’autre, ma compréhension de l’univers n’en pâtit pas. le cross media est une déclinaison du même univers sur plusieurs supports sans lien de narration entre chaque support.
    Le trans media, lui propose une déclinaison du même univers sur plusieurs supports, en créant un lien narratif entre chaque support. C’est plus rare et difficile à trouver, j’avoue. Je lis une BD d’investigation, à la fin, à suivre. Arg. On me donne un lien, « si tu veux connaître le fin mot de l’histoire, va jouer à ce jeu en ligne ». Je joue et je découvre une nouvelle piste pour l’enquête. Ce jeu me débloque un autre lien vers une vidéo. Je regarde la vidéo, et j’ai la résolution de l’énigme. Vous me suivez ?
    Un exemple assez proche de l’idée, pourrait être le jeu vidéo Alt-Minds. je joue en menant une enquête pour retrouver cinq scientifiques. Je suis bloqué, mais en allant lire un article dans un journal (dans la vraie vie, pas dans l’univers du jeu) je récolte des infos qui me débloquent dans le jeu. Là, je trouve un lien vers une vidéo que je vais voir. Cette vidéo me donne des indices, pour me permettre d’avancer dans le jeu. et ainsi de suite.
    En fait, l’idée est que si je me contente d’un support, je perds quelque chose dans ma compréhension de l’histoire. Le seul moyen d’avoir une vision complète de l’histoire, c’est d’utiliser tous les supports qu’on me propose.
    Matrix pourrait être un exemple de quelque chose de proche du trans média. Le jeu vidéo me révèle des infos pour comprendre l’univers, en complément du film. Et les dessins animés me donnent de nouvelles clés pour mieux cerner ce monde. Les trois supports sont complémentaires l’un de l’autre. Mais est-ce qu’il me manque quelque chose pour comprendre l’histoire si je me contente d’un seul d’entre eux ? Non. Je peux voir le film sans jamais toucher le Jeu vidéo, ce n’est pas un souci.
    Enfin voilà, je voulais juste partager avec vous cette précision. Peut-être aurez-vous d’autres exemples de trans média grâce à vos connaissances vidéoludiques ! En tout cas, je l’espère bien. :^)

    Sinon, vous parliez aussi de Reboot et de Remake. Cela renvoie un peu à la notion d’adaptation. Le reboot est-il une adaptation modernisée, une adaptation infidèle ? Le remake est-il une simple adaptation de quelque chose de déjà fait. Le remake implique-t-il le même support ? on tourne un film qui est le remake d’un film, mais on adapte un livre. Un film qui est le remake d’un film adapté d’un livre est-il une nouvelle adaptation ? En fait vous soulevez un vaste débat qui pourrait presque faire une partie d’émission en soit. :^)
    Mais bon, je ne m’attarde pas plus, si ce n’est pour vous dire merci encore pour vos podcasts fort intéressant et votre réactivité sur TT.
    On se retrouve au N°22 ! :^))
    @DVNEAU

  2. Salut ! comme vous m’avez cité a la fin du dernier podcast je vous reponds !
    J’avais ecris mon commentaire en ayant ecouté que quelques episodes je l’ai donc edité en consequence (je l’avais oublié :p)
    Surtout continuez comme ca vos themes sont toujours tres interessants et meme si vous n’allez pas en profondeur, dû au manque de temps a mon avis, je suis toujours tres content quand je vois un nouvel episode apparaitre dans ma liste !

    Sur le retro a mon sens, c’est la nostalgie qui joue mais pas que. Je pense que nous qui avons commencé avec la nes ou la megadrive pour la plupart, avons mûri. Nous ne sommes plus émerveillé par les jeux videos parce que nous avons perdu cette « innocence ». En faisant du retro tout ce que nous voulons c’est retrouver ces emotions, ces sentiments d’avant. Bien sur il y a les speed game, les performers je dirait qui veulent tout connaitre d’un jeu, ou encore les collectionneurs. Mais au fond, c’est juste par peur de perdre ces souvenirs, par peur de grandir, par peur de perdre ce qui nous rassure. Par exemple la performance il y a de tres bons rogue like qui sont sortis comme binding of isaac ou encore rogue legacy et je ne parle meme pas de dark souls. Qu’est-ce qui fait que des gens restent encore sur Megaman 2 si ce n’est le souvenir? Avez vous deja vu des jeunes de 12-15 ans sur ce jeu? Il en est de meme pour call of ou battlefield. Pourquoi les « vieux » disent toujours que c’etait mieux avant? Franchement entre CS et battle ya que les graphismes qui changent. Vous aimiez le railgun de Quake? Dites plutot que ce sont les lan et vos potes qui vous manquent ca serait plus juste.
    A mon sens le retrogaming est un truc de joueurs qui ont connu le jeu video il y a 20 ans et plus comme moi avec toutes les brimades et tout le contexte d’epoque et qui aujourd’hui ne peuvent plus proteger leur petit monde. Un retrogamer veut seulement qu’on sache qu’il a connu le jeu avec la guerre Nintendo Sega et non avec l’Iphone et qu’il a besoin de SON hobby qui finalement construit son identité
    (rappelez vous tous les rires dans la cours d’ecole quand vous essayiez de parler d’un jeu et qu’aujourd’hui ces meme personnes veulent y toucher).
    Moi je pense qu’aujourd’hui il y a de tres bons jeux qui sortent et bien plus qu’avant. Ce slogan de c’etait mieux avant c’est comme des oeilleres c’est seulement parce qu’on a grandi et qu’on ne veut pas avouer qu’on ne pourra plus retrouver cet ancien plaisir a cause de nous et pas a cause de ce qu’on achete
    (le on et nous fait reference au joueur que nous sommes retro ou non juste pour rester un tant soit peu neutre en m’incluant un peu). Oui je le dis NOUS joueurs avons changé. Le retro est une course vers un passé revolu.

    Ou alors peut etre que je me trompe completement.

    Continuez comme ca ! Je ne peux que vous montrer mon soutien par des commentaires et … \o/

    PS: FF7 est le meilleur exemple. Il a été le 1er RPG en francais pour 95% d’entre nous. Il venait du Japon et avait une certaine aura du au contexte de l’epoque. Il est sorti dans notre adolescence, sur une console qui proposait de la 3D, et etait le premier de la serie a sortir chez nous. Son scenario, ses personnages n’etaient si extraordinaire si on lisait un temps soit peu. Seuls sont systeme de jeu et sa narration pouvaient le faire sortir du lot mais n’est-ce pas la ce qui fait un final fantasy? Et surtout il faut avouer, C’ETAIT MOCHE. Rappelez vous du 6 avec la chute du meteore. Rappelez vous du 8 et encore du 9 qui avaient des systemes de jeu uniques et une narration au poil! MAIS vous ne les avez pas decouvert en premier, MAIS les protagonistes n’etaient plus a votre gout! Parce que la surprise est partie, vous en attendiez encore plus apres ce 7 qui vous a subjugué. Et oui une fois qu’on touche aux souvenirs qui nous sont chers on ne peut plus etre objectif. Vous parliez de remake de FF7.

    N’est-ce pas mieux de laisser les souvenirs intacts ou ils sont et de passer a autre chose?

  3. Effectivement internet facilite la vie lorsque l’on veut trouver une séquence particulière d’un jeu.
    Par contre, on n’aura évidemment pas la même expérience… un exemple au hasard : l’ultime fin de « Nier » (attention, léger SPOIL). Pour accéder à cette fin, il faut sacrifier sa sauvegarde du jeu et l’on voit disparaître, un à un, tous les menus qui représentent la destruction de son expérience, inventaire, etc… Le voir via sur internet ou « en vrai », après 30h de jeu, et ainsi subir la perte de sa sauvegarde, ce n’est évidemment pas pareil en terme d’expérience!

    C’est, comme vous le disiez, pratique pour un hypothétique musicologue qui n’a alors pas forcément besoin de mettre la main sur une OST complète pour écouter, comparer des musiques.
    Mais, imaginons le travail de ce pauvre bougre qui, pourquoi pas, cherche à comprendre l’attribution de signification(s) de musique, qui est un medium peu significatif (elle « évoque » mais ne porte pas de signification claire du style « un homme avec un pull jaune se gratte le nez »). Il a dans ce cas besoin de voir la scène/séquence complète, avec les images et textes associés (ce qui est possible avec internet) mais aussi de vivre la/les séquence(s) précédente(s) pour comprendre la portée de celle étudiée.
    Exemple: écouter « Promise (reprise) », issue de Silent Hill 2, sur internet est bien différent de l’entendre en voyant Angela Orosco regarder son couteau, d’un air éteint, dans une chambre insalubre… le tout après avoir crapahuté (en silence musical) dans un hôtel tout aussi dégueulasse.
    Ici, on touche aux liens entre les médias du jeu-vidéo et à l’intermédialité (proche de l’intextualité). On se demande alors si la musique serait aussi dérangeante sans les images et la situation du jeu? Qu’elle prend une connotation « horreur » seulement grâce aux autres médias? En tout cas, pour cet exemple, ce n’est pas le cas (on trouve des éléments musicaux qui sont, dans le monde musical, connotés « dérangeants »).

    Un des problèmes est de savoir si le jeu-vidéo est une expérience intermédiatique, où les médias le composant ont un lien indissociable de par une fusion conceptuelle. Sinon, il s’agirait juste d’une superposition de médias (« mixed media »)… notions à approfondir avec J. Schröter et J. E. Müller.
    Mais étant donné les impacts psychologique, cognitif et mémoriel (ça se dit?) d’un jeu, on peut se dire que puisque une image seule, une musique, etc, hors du contexte créent des réminiscences du jeu « médiatiquement complet », la fusion conceptuelle est viable. Schröter affirme, pour son premier type d’intermédialité (il en propose 5) que c’est l’assimilation perceptive et cognitive du récepteur (le joueur, pour le JV) qui crée l’intermédialité du médium observé.

    On peut alors se demander si, étant donné qu’un jeu nécessite une participation active du joueur (manette, inputs, etc…), une expérience vidéoludique est intermédiatique pour un spectateur extérieur?

    Tiens, un sujet d’émission: impact(s) de l’expérience vidéoludique, enjeux, mécanismes, fonctionnements et nécessité d’avoir de quoi manger en jouant (est-ce le bon terme?) à MGS 4…

    En vous attendant pour votre prochain podcast!

    • Je suis d’accord concernant le fait de regarder un jeu sur le net, il y a une perte par rapport au fait d’y jouer soi-même, de donner de soi.

      Néanmoins, je souhaiterais apporter une nuance.
      Il y a les « let’s play » impersonnels, muets, et il y a leurs équivalents commentés. Dans ce dernier cas, l’expérience est encore différente : il s’agit d’accompagner le joueur et son ressenti, comme on le ferait en étant assis à côté d’un ami (« jouer » à deux à un jeu solo). Et ça, j’en suis assez friand 🙂

  4. Moi qui suis un grand retro-gamer, je trouve que, plus qu’une question de pixel ou de polygone, la grande différence des anciens jeux avec les nouveaux est une question de gameplay, et je me demande si ce n’est pas lié à une question d’interface. A l’époque des consoles 8 ou 16 bits, les « controllers » avaient beaucoup moins de boutons qu’aujourd’hui, et il fallait faire tenir un jeu de rôle, un jeu de combat voire même une simulation (je pense à Elite, sur NES) en 3, 4 boutons et 4 directions. Avec les manettes actuelles PS3/XBox, la plupart des jeux exploitent les 8 touches, sans compter les 3 sticks!
    Certains jeux inspirés du retro-gaming cherchent à retrouver cette simplicité de l’input, qui est même parfois inversement proportionnelle à la profondeur du gameplay. J’ai l’impression que depuis l’avènement des jeux sur smartphone et du « casual », on se redirirge à nouveau vers une simplicité des commandes, et c’est sans doute une des raisons qui explique qu’ils soient si populaire. (je pense par exemple au très bon « JetPack JoyRide » qui se joue avec 1 bouton… plus fort que Pac-Man !)
    Perso, rien ne m’amuse moins que le mode « tutorial », quasiment obligatoire sur la plupart des jeux qui sortent en ce moment, et qui a pour but de faire mémoriser la 20aines de commandes « de base » !

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