Je Game Moi Non Plus #46 – Auteur Heaven : Notion d’Auteur Et Jeu Vidéo

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Qu’est ce qu’un auteur de jeux vidéo ? Quelles grandes thématiques les obsèdent ?Comment s’organise le droit d’auteur dans le jeu vidéo ?

Autant de questions auxquelles nous ne répondrons pas dans cette émission ! Dans cette 46ème émission, nous nous intéresserons à la façon dont le milieu vidéoludique perçoit l’auteur, nous observerons son évolution au cours de ces 37 dernières années.

Avant d’être cette évidence partagée par nombre d’intellectuels, la notion d’auteur est une pure construction naissant timidement au cours du XIIIème siècle et s’imposant définitivement au cours du XIXème siècle. Au moyen âge, en littérature, l’auteur est limité, il est comme élu par les instances religieuses. Il ne suffit pas d’écrire un ouvrage pour devenir auteur, il faut des qualités bien particulières. Au XIXème siècle, l’auteur tue Dieu. Sainte Beuve, critique littéraire, conçoit toute une théorie pour analyser l’intention de l’écrivain, relier biographie et œuvre… En peinture, on chasse la moindre signature sur chaque tableau… L’auteur est loué et même si des Mallarmé, des Proust fin XIXème/début XXème ou plus encore Michel Foucault et Roland Barthes (avec leur théorie sur la mort de l’auteur dans les années 1960) tentent d’endiguer la portée de cette notion, elle perdure encore à notre époque.

Poursuivons avec le cinéma -plus proche des jeux vidéo- où la notion est extrêmement solide. En 1948, Astruc écrit un article fondateur, « La caméra stylo » qui établit le cinéaste comme auteur et inspire un groupe de critiques exerçant aux Cahiers du Cinéma. Les « Jeunes Turcs » (les Truffaut, Godard et Chabrol… futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague), comme surnommé par André Bazin, premier rédacteur en chef des Cahiers, défendaient une notion d’auteur maximisée et dénommée politique des auteurs. En délimitant un corpus précis, constitué aussi bien de cinéastes art et essai que de cinéastes hollywoodiens, cette « politique » fonde son propos sur l’amour éprouvé pour un auteur. Truffaut disait qu’un mauvais film réalisé par un auteur valait mieux qu’un bon film créé par un réalisateur extérieur au corpus.

Qu’en est il du jeu vidéo ? Si cette notion occupe peu de place dans les débats quotidiens, elle a tout de même creusé son trou au fil des ans. Nous retracerons son essor en partant des années 80 et 90, âge obscur où la figure de l’auteur se fait discrète. Nous traiterons de la seconde période -du milieu des années 90 jusqu’à la fin des années 2000- où elle prend son envol : le milieu professionnel et le public caractérisent dès lors plusieurs visages. Troisièmement, nous verrons comment, dès la fin des année 2000, la figure de l’auteur se diversifie, s’impose chez une poignée d’intellectuels et de développeurs, mais aussi la façon dont elle est freinée par les logiques du monde vidéoludique.

Sources :

Qu’est ce qu’un auteur ? http://www.fabula.org/compagnon/auteur.php

Next Generation : https://archive.org/details/next-generation-magazine

Playstation Magazine : http://abandonware-magazines.org/affiche_mag.php?mag=103

« The lord of game developers » : http://www.salon.com/2000/05/05/molyneux/

Games Magazine : http://www.games-magazine.fr/

The auteur movement : https://www.youtube.com/watch?v=XUWFH17Q3Aw


Générique de l’émission : Lukhash – Beginning of Anxiety.
Jingles utilisés : Mdk, Tommy Tallarico, Prologue / Policenauts, Kukeika Club, Old L.A 2040 / Super Meat Boy, Danny Baranowsky, The Battle of Lil’ Slugger / Fable 3, Russel Shaw, Reaver Mansion
Générique de fin : The Bedquilt Ramblers – Long Journey Home (Kentucky Route Zero)
Illustration : Peter Molyneux © Tous Droits Réservés

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